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La nuptialité étrangère en France

Présentation
L’évolution de la nuptialité des étrangers est à replacer dans le contexte français. Depuis l’an 2000, le nombre de mariages célébrés en France connaît un certain recul (cf. Graphique 1). Entre 2000 et 2003, cette tendance à la baisse était uniquement le fait de mariages célébrés entre deux époux français : les mariages mixtes ou entre deux époux étrangers étaient alors en forte progression pour atteindre respectivement, en 2003, 47 579 et 8 738 unions. L’année 2004 a marqué une rupture : pour la première fois depuis de nombreuses années, le nombre de mariages mixtes diminue pour s’établir à 43 423 (soit -8,7 % entre 2003 et 2004) alors même que le nombre de mariages célébrés entre deux époux français se stabilise autour de 225 000 unions. Depuis 2005, le nombre de mariages, quelle que soit la nationalité des époux, diminue d’année en année pour s’établir en 2007 à un volume de près de 273 900 mariages dont près de 36 700 mariages mixtes.

La notion de mariage mixte retenue ici est fondée sur la nationalité des époux et sur la mixité nationale. Ainsi, une union entre deux personnes de nationalités différentes, mais dont aucune n’est de nationalité française, n’est pas considérée comme un mariage mixte mais comme un mariage entre étrangers. Cette définition ne permet pas d’analyser réellement l’évolution de la mixité dans les comportements nuptiaux. En effet, si deux étrangers sur le point de se marier ont par ailleurs engagé des démarches pour obtenir la nationalité française, leur mariage pourra, en fonction de sa date de célébration et de la date des naturalisations, unir deux Français, deux étrangers ou bien encore être déclaré mixte.
Depuis un pic en 2003 (16,6 %, cf. Tableau 1), la proportion de mariages mixtes ne cesse de diminuer pour atteindre 13,4 % en 2007. Pour autant, l’analyse de l’évolution de cet indicateur est particulièrement délicate car la législation en matière d’entrée et de séjour des étrangers n’est pas sans influence. Ainsi, chaque année, très peu de visas « en vue mariage » sont délivrés . A moins que le conjoint étranger séjourne déjà en France, les unions franco-étrangères sont donc très fréquemment célébrées à l’étranger , ce qui a pour conséquence de sous-estimer la proportion réelle de mariages mixtes qui n’est calculée ici qu’à partir des seuls mariages célébrés en France. Les mariages de deux étrangers restent, quant à eux, relativement peu nombreux (3,0 % en 2007).
Après trois années durant lesquelles la proportion de mariages faisant intervenir un époux étranger avait légèrement augmenté (entre 2002 et 2004), le partage entre époux étranger/épouse française et épouse étrangère/époux français a retrouvé une certaine stabilité (45/46 % pour les premiers et 55/54 % pour les seconds, cf. Tableau 2).

En 2007, les unions mettant en jeu un(e) ressortissant(e) africain(e) restent les plus représentées avec 52,4 % des mariages mixtes (cf. Graphique 2 et Graphique 3). Cette « mixité africaine » est essentiellement maghrébine, surtout lorsque l’époux est le conjoint étranger. Ainsi, en 2007, 50,1 % des étrangers mariés à une Française sont maghrébins contre seulement 21,3 % des étrangères mariées à un Français.
Le deuxième groupe de mariages mixtes est celui faisant intervenir un ressortissant européen : il représente 24,1 % des mariages mixtes célébrés en France en 2007. Ici, les ressortissants européens concernés sont surtout originaires de l’UE à 15 lorsque l’époux est étranger (86,8 % des époux mariées à une Française) avec une très forte représentation portugaise mais également originaires des nouveaux États membres de l’UE lorsque l’épouse est étrangère, tout particulièrement des épouses polonaises ou roumaines (respectivement 59,8 % lorsque l’épouse est originaire de l’UE à 15 et 23,6 % lorsqu’elle est originaire d’un nouvel État membre).


1 Il s’agit ici de la France métropolitaine et des DOM
2 Les données de nuptialité de l’État civil ne sont pas disponibles à ce jour pour l’année 2008, aussi les résultats présentés ici portent en dernier lieu sur l’année 2007.
3 Visas permettant à un étranger de venir en France pour s’y marier. En 2007, 1 015 visas de ce type ont été délivrés. Source : Ministère des affaires étrangères.
4 En 2007, le service central de l’État civil a dénombré près de 47 900 transcription d’actes de mariage établies dans un des à l’étranger (consulat ou ambassade). A noter que parmi ces mariages célébrés à l’étrangers, un certain nombre (non estimable pour 2007 mais que l’on sait relativement faible) concerne des unions conclues entre deux ressortissants français. Source : Rapport au Parlement 2008.
Définitions et méthodologie
Nuptialité :
Analyse de la fréquence, des caractéristiques et de la dissolution des mariages dans une population.
Mariage mixte
Union entre un Français et un étranger.
En savoir plus
Infos migrations N° 2 - novembre 2008 - Mixité franco-étrangère : quelle réalité sociale ? (B. Collet et C. Régnard)


